Poèmes de science
Science et poésie ? Un mélange improbable ? Indigeste, même, pourrait-on penser… Et pourtant, dans De rerum natura, Lucrèce (Ier siècle av JC) chante déjà la nature et la connaissance. Dans l’histoire de la littérature, bien d’autres exemples ont été recensés. Qu’ils soient didactiques, flagorneurs ou critiques, leur existence dénote un intérêt, voire une percolation des sciences dans les milieux profanes. Il apparaît en outre que la science, si souvent présentée comme impersonnelle et aride peut se révéler belle, mystérieuse…
Quel intérêt dans la culture scientifique ?
Notre choix s’est porté vers le haïku. 17 syllabes, trop court pour faire un cours. Pas de place pour les lancinants « mais ou et donc or ni car » qui ponctuent les discours didactiques. Quelle légitimité alors dans le champ de la culture scientifique ? Conformément aux objectifs des Atomes Crochus, ce projet à pour vocation de susciter le rêve, d’éveiller la curiosité, de changer notre regard sur le monde. Dans ce but, pourquoi la poésie ne s’immiscerait-elle pas dans leur approche ? Conduisant à considérer le rapport entre art et science, elle force par ailleurs à un certain lâcher-prise vis-à-vis des connaissances scientifiques, à se plonger dans un genre littéraire bien particulier, à jouer avec un code… En bref, à se laisser glisser vers la culture tout court. Ancrer la science dans la culture, c’est la rendre peut-être plus attractive, mais surtout plus fédératrice et riche de sens. Sans renier l’intérêt ou l’importance de la pédagogie et de la vulgarisation, nous tentons ici de toucher de nouvelles sensibilités, de faire vibrer d’autres cordes…
Références
- Quand les poètes chantent la science, Michel Toyer, éd. Mines Paris, collection Histoires et sociétés,
- Alphabet, George Pérec, édition Galilée.
- Deux sites de poésies sur les mathématiques :
- Le positivisme de Louise Ackermann, poète appréciée de Stéphane Leduc : ici
- Un haïku sur le nombre pi : ici
- Un site pour proposer des contes ou des poèmes de science (-fiction) : ici
