Texte du concours de fou !

Conte des élèves de la classe de 6ème et de 5ème du collège Emile Zola de Suresne

Les années passèrent et le roi vieillissait, heureux, entouré de sa fille et du fou. Il avait été particulièrement comblé lors de la naissance de son petit-fils. Mais un beau jour, des paysans demandèrent à rencontrer le roi, qui les reçut aussitôt, accompagné du fou. Leur représentant prit la parole au nom de tous.
« Majesté, cette année, la pluie de la mousson ne pénètre pas nos plantations qui, bientôt, manqueront d’eau. Vous qui êtes si savant, trouvez-nous une solution à ce problème ou nous serons contraints de quitter votre royaume et plus personne ne lui fournira de la nourriture. »
Le roi réfléchit un instant, les sourcils froncés, et les rassura en affirmant qu’il trouverait une solution. Une fois les paysans partis, le roi se tourna vers le fou et lui dit :
« Mon cher ami, je suis obligé de donner mes terres à celui qui saura résoudre les malheurs de ce pays dont les habitants mourront bientôt de faim.
– Vous avez parfaitement raison, mon roi », renchérit le fou.
Sitôt dit, sitôt fait ! Dès le lendemain, on pouvait voir dans tout le royaume et même au-delà d’immenses affiches annonçant l’enjeu du concours et la récompense promise. Ce fut alors un branle-bas de combat général. Les plus grands savants du royaume et des pays voisins se mirent à réfléchir, à élaborer des plans et des stratégies mais aucun ne parvint à faire pénétrer l’eau dans les champs, sous la terre. Pendant ce temps, le fou tournait en rond en marmonnant :
« Ah ! que ne suis-je savant ! J’aurais pu proposer au roi une idée pour sauver le royaume de la famine. »

Il se dirigea alors vers ses appartements afin de retrouver la princesse et leur fils. Au moment où il arrivait, le petit prince jouait à empiler des cubes de couleurs. Quant à son épouse adorée, elle descendait l’escalier en marbre qui menait à la cuisine avec un plateau d’argent qui contenait le repas de l’enfant. Ce dernier, heureux de voir sa mère arriver, gazouilla son tout premier mot :
« Maman ! »
Surprise, la princesse lâcha le plateau ; le verre, rempli d’eau, se cassa et répandit son contenu sur les marches. Le fou, médusé, regardait ce spectacle. En l’espace d’une seconde, il avait trouvé la réponse à l’énigme ! Tout content, il ramassa les cubes de son fils et se rendit auprès du roi. Le monarque prenait son dîner au milieu de sa cour.
« Mon roi, je viens de trouver la solution.
– Vraiment, répondit le roi, dubitatif. Que faut-il donc faire pour obliger la pluie à pénétrer les plantations ?
– Seigneur, voyez vous-même. »
Le fou se mit alors à empiler les cubes du jeune prince de façon à former un escalier. Puis il s’empara du pichet qui se trouvait sur la table et versa de l’eau sur sa construction. Le liquide dévala lentement les marches en s’arrêtant sur les plates-formes. Le fou reprit alors la parole :
« Il suffit de creuser la montagne de manière à avoir un gigantesque escalier, chaque marche représentant un champ. Et quand il pleuvra, l’eau coulera si tranquillement qu’elle sera bien forcée de pénétrer dans la terre. »
L’idée était, en effet, excellente et le roi l’approuva aussitôt. Les travaux commencèrent dès le lendemain matin. Il n’y avait pas de temps à perdre car les paysans s’impatientaient. Les ouvriers travaillaient jours et nuits d’arrache-pied.
Deux semaines plus tard, le versant droit de la montagne était achevé et formait, ainsi que l’avait prédit le fou, un gigantesque escalier. C’est ce jour-là que débutèrent les pluies de la mousson. Sous les yeux émerveillés et ébahis des paysans, l’eau s’étalait à tous les étages sur les plantations et pénétrait dans la terre. Les paysans étaient satisfaits : ils pourraient continuer à nourrir le royaume.
À la fin de la mousson, les plantes étaient vertes et les fruits, les graines et les racines qu’elles offraient se révélaient délicieux. Le fou était le plus heureux des hommes. Le roi mourut dix ans plus tard, entouré des siens et regretté de son peuple. Le petit prince, fils de la princesse et du fou, monta sur le trône et régna sagement, sous les conseils avisés de ses deux parents. Que sont-ils devenus aujourd’hui ? Nul ne le sait…