Texte du concours de fou !
Contes des élèves de la classe de 5ème du Eugène Delacroix de Paris.
Voler
« Votre place est donc sur le trône de ce pays ! Gardez-moi encore à votre service !
– Eh bien puisque c’est là ton vœu, reste donc à mon service ! »
Le fou et sa compagne se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Un jour, ils rendirent visite au roi.
« Eh bien, vous revoilà ! Je viens d’avoir une idée, je voudrais voler longtemps avec une source d’énergie inépuisable ! Et comme récompense je donnerai mon trône à ma mort car je commence à me faire vieux. »
Sitôt dit, sitôt fait. Dès le lendemain, on pouvait voir dans tout le royaume et même au-delà d’immenses affiches annonçant l’enjeu du concours et la récompense promise. Ce fut alors un branle-bas de combat général. Tous les plus grands savants se mirent à réfléchir, à élaborer des plans et des stratégies. Les lois de la physique montraient bien qu’en théorie, cela devait être possible. Mais dans la réalité quotidienne, voler n’est pas courant du tout. Seuls les savants les plus fous voulurent inventer des machines pour voler, en attachant aux pattes des oiseaux des fils reliés à une chaise. Mais on ne pouvait voler guère plus longtemps que cinq minutes, or le roi voulait voler longtemps, mais pas forcement haut.
Depuis que le concours avait été lancé, le roi ne s’ennuyait plus du tout. Au contraire, il s’amusait beaucoup en recevant d’innombrables visiteurs venus des quatre coins du royaume lui présenter des machines plus farfelues les unes que les autres. Mais aucune ne parvenait au résultat souhaité. Dans le meilleur des cas, certains ingénieurs avaient réussi à voler haut.
Le fou, qui assistait avec le roi à toutes ces présentations, soupirait.
« Ah que ne suis-je savant ! J’aurais peut-être pu proposer au roi une solution ! »
Il ruminait ainsi ses pesées en se dirigeant vers la grande serre où l’attendait la princesse. Il avait trouvé pour elle un cactus dont la fleur se préparait pendant des semaines pour ne fleurir qu’une heure.
Lorsqu’il pénétra dans la serre, il ne vit pas tout de suite la princesse. Accroupie sous l’épais feuillage des fougères et des songes, elle était en tain de ramasser des pierres et les mettait dans un sceau. Car elles étouffaient les pousses de fleurs.
« Regarde mon ami, dit la princesse en tendant le sceau au fou. Peux-tu aller les jeter dans la rivière ?
– D’accord. Dans le sceau il avait trouvé deux pierres noires et lourdes ; qu’il avait essayé de séparer. Il avait réussi avec mal et essaya de les recoller, mais elles se repoussaient mutuellement. Il en fit tomber une au sol ; et posa l’autre dessus ; elle resta en suspension dans l’air. Le fou était médusé devant les pierres. En un seul instant, il avait trouvé la réponse à donner au roi.
Sans plus attendre il fonça vers la montagne noire à côté de la serre et cassa deux gros blocs de pierres. Il en perça une et mit une tige en fer dedans ; puis il la fixa à une chaise en fer en faisant en sorte de pouvoir la retourner. Il posa l’autre au sol et mit la chaise dessus.
Il courut chercher le roi pour lui montrer son invention.
« Seigneur, j’ai trouvé la machine capable de voler ! Regardez de vous-même ! »
Comme un poisson dans l’eau
Mais les histoires de notre fou et de notre princesse de s’arrêteraient pas à cela. Bien que notre fou posséda la moitié de la fortune du roi et la main de sa fille, que pouvait-il bien espérer d’autre que cette richesse et cet amour serein ?
Le fou ne demeurait pas tranquille, car il voyait bien que son roi qui savait tout s’ennuyait de son savoir et dans son désespoir se laissait devenir un roi triste. Le fou, accablé par cette tristesse, alla voir le roi, avec une idée qui lui plairait sûrement.
« Monseigneur, pourquoi autant de tristesse ? Peut-être qu’un défi vous ferait du bien ?
– Soit, mais je suis las de tout cela, je n’ai plus rien à offrir au gagnant, plus rien à apprendre !
– Mais sire, je viens d’avoir une idée de fou : vous pourriez promouvoir le gagnant en tant que scientifique connu et qui aurait donc sa place au palais ! Mais croyez-moi, il ne gagnera pas sa place ici en claquant des doigts !
– Eh bien mon fou, tu viens de remettre du piment à ma vie, le défi consisterait à respirer sous l’eau, oui, à respirer sous l’eau mais sans ces maudites bouteilles d’air qu’utilisent les plongeurs dans la mer, non, un autre système ! »
Sitôt dit, sitôt fait, Dès le lendemain, on pouvait voir dans tout le royaume et même au delà d’immenses affiches annonçant l’enjeu du concours et la récompense promise.
Ce fut alors le branle-bas de combat général. Tous les plus grands savants se mirent à réfléchir, à élaborer des plans et des stratégies. Comment pourraient-ils extraire suffisamment de dioxygène de l’eau pour pouvoir alimenter un corps humain en air !
Tant de savants avaient essayé, mais aucun n’avait réussi. Hors le fou, qui cherchait désespérément une solution à ce problème, tomba nez à nez devant le bassin de poissons de sa bien-aimée. Il vit les poissons remuer leurs nageoires, ouvrir puis refermer leurs bouches, puis recracher l’eau par leurs branchies. Tout à coup, le fou resta immobile devant le bassin : il venait d’avoir une idée de fou !
Aussitôt, celui-ci rejoignit le roi et lui fit part de la solution qu’il avait découverte. Le roi, bouche bée, regardait le fou d’un air stupéfait, car celui-ci venait encore une fois de prouver son génie.
D’après le fou, il suffisait en fait de créer un scaphandre muni de deux cavités situées sur un boîtier installé dans le dos. Une entrée pour aspirer l’eau et le liquide passerait à travers un mécanisme qui utiliserait la technique de l’électrolyse qui décompose l'eau en oxygène et hydrogène gazeux avec l'aide d'un courant électrique pour pouvoir ensuite alimenter son porteur en air. L’eau serait ensuite rejetée par la deuxième fente, située à l’opposé de la première.
« Eh bien, dit le roi fort étonné, j’avoue que tu n’as pas manqué de raisonnement, comme promis, je ferai de toi un savant reconnu, et tu gagneras ta place au palais.
– Non sire, je vous avoue que vous faire rire me plaît, je continuerai donc de vous servir en tant que fou du roi !
– Soit, j’accepte. »
Ainsi, le fou a résolu cette énigme, et pouvait se dévouer entièrement à son épouse bien aimée, et à les faire rire, elle et son père. C’est ainsi que s’achève cette histoire de fou, mais croyez-moi, ce n’est pas la fin des histoires de la princesse et du fou.