Texte du concours de fou !

Conte des élèves de la classe de 6ème du collège La Fontaine d'Ollainville

Peu à peu, le roi découvrit que le monde était sinistre, terne et pollué par les nombreux prétendants. En effet, il voyait sa fille si désespérée de contempler ses fleurs tropicales qui fanaient à cause du ternissement du soleil et ses papillons et oiseaux qui manquaient du nectar des fleurs, qu’il eut l’idée de lancer un quatrième défi dans son immense royaume.

Il appela le fou auprès de lui et lui annonça le fameux défi :
« Fou, je suis si comblé de tes bonnes résolutions sur les autres défis, mais si triste de voir ma fille pleurer tant et tant devant l’état de ses fleurs, que j’aimerais que le monde qui nous entoure soit moins désespérant. Aussi, je voudrais changer la couleur des mers et des océans ! Et comme récompense, j’offrirai au gagnant un royaume aquatique dans un océan coloré. »

Sitôt dit, sitôt fait. Dès le lendemain, on pouvait voir dans tout le royaume et même au-delà, d’immenses affiches annonçant l’enjeu du concours et la récompense promise.
Ce fut un branle-bas de combat général. Tous les plus grands marins, navigateurs et pêcheurs se mirent à réfléchir, à élaborer des plans et des stratégies, à décomposer les rayons du soleil, à prélever des fragments de lumière, à teinter le fond des mers et des océans. Ils tendirent des toiles au-dessus des mers, ils imaginèrent un énorme savon multicolore qui, plongé dans la mer, devait fondre et la colorer. Enfin, ils colorèrent le sable : ils profitèrent de la marée basse pour lancer du sable coloré, pensant que lors de la marée montante, l’eau absorberait la couleur.

Mais en vain ! Personne n’arriva à ses fins et le roi s’impatientait. Le fou, de son côté, élaborait ses plans dans les jardins royaux et, le soir venu, se cachait dans les écuries du palais pour mettre en forme ce qu’il avait imaginé dans la journée.

Pensant que le but était atteint, un matin de grand soleil, il profita de l’absence du roi pour tester son invention. Il sortit de l’écurie pour aller chercher un seau d’eau dans la fontaine, mais un prétendant qui avait suivi le fou à cause de ses traces de pas et de la paille qu’il avait répandue derrière lui, rôda jusqu’à l’écurie comme si de rien n’était et trouva les plans du fou. Ce sale petit rôdeur l’espionna car il n’était pas vraiment doué, mais n’avait qu’une chose en tête, la récompense.

Le brillant inventeur revint de porter son seau et le prétendant n’eut pas le temps de sortir qu’il fut piégé. Le prétendant commença à paniquer ne trouvant ni trappe, ni bonne cachette et décida d’improviser en disant au fou :
« Salut mon jeune ami ! Je ne savais pas si tu étais là, alors je suis entré. Comment se passe ton invention ?
– Bien, avant que tu arrives. Je te signale que c’est un projet de la plus haute importance et que si tu pénètres mes lieux, je dirais au roi que j’ai de la concurrence, en particulier un prétendant qui me harcèle. »

Grâce aux rayons du soleil qui pénétraient par un des trous de l’écurie, le fou essaya sa machine et il sauta de joie quand il vit qu’elle fonctionnait.

Le lendemain, il alla présenter sa machine au roi. Une fois la machine montée et mise en place, la mer la plus proche fut colorée en violet, puis rose, puis mauve, puis rouge, puis bleu et enfin arc-en-ciel. Toutes ces couleurs provenaient des rayons du soleil et du vent qui faisaient tourner l’hélice du moulin. La lumière du soleil passait dans les feuilles colorées qui projetaient la lumière sur la mer. Le roi fut satisfait et le remercia vivement car jusqu’alors, un seul prétendant lui avait présenté son invention qui consistait à transformer la poudre des papillons en pastilles qui coloraient les mers. Cette invention ingénieuse dégradait la nature car elle privait les papillons de l’usage de leurs ailes et la fille du roi fut en colère et effondrée. Il fit venir son plus grand architecte pour faire construire le palais promis dans la mer toute colorée. Une semaine passa et le palais fut finit. Il était beau, tout fait de nacre, d’or et d’argent. Le fou et sa femme y descendirent emportant meubles, télescope et jardin botanique de la princesse.

Depuis ce temps-là, le roi est heureux. Le fou et sa femme eurent d’innombrables enfants qui passent leurs journées à regarder le ciel changer de couleur. Ils vivent encore dans une mer lointaine, sans doute la mer Rouge puisqu’elle est rouge. Quant au roi, il vit la fin de ses jours dans la ville la plus gaie, entouré de tous ses petits-enfants qui viennent lui rendre visite au jour de l’an.