Mention spéciale du Jury du concours de fou !

Conte des élèves de la classe de 5ème A et B du collège les Plaisances de Mantes-la-Ville

Quelque temps plus tard, le fou et la princesse mettent au monde un bébé qui s'appelle Petit Prince. Le roi, fou de joie, décida d'organiser une fête en l'honneur du nouveau né. Il engagea les plus grands décorateurs pour que sa fête soit inoubliable. Aussitôt, ils cueillirent les plus belles fleurs de tout le royaume, notamment dans la serre de la princesse, et préparèrent tous les petits détails de la fête. Malicieux, le roi demanda à son équipe de concevoir des invitations que seuls les plus malins pourraient lire. En effet, elles étaient écrites avec du jus de citron et ne pouvaient être déchiffrées qu’en étant exposées à une source de chaleur.

La salle décorée, le festin préparé, tous les habitants du royaume sont sur le point d'arriver. Tous attendent impatiemment les jeunes mariés et le petit prince ; soudain voilà qu'ils arrivent dans un somptueux carrosse tiré par deux magnifiques chevaux. Un tonnerre d’applaudissements retentit et la fête commence.

Un sorcier venu du royaume voisin se présenta tandis que la fête battait son plein ; il était vêtu de noir avec une longue robe, des chaussures pointues et une grande canne. Au bout de la canne, il y avait une étoile et au centre une tête de mort rouge, il demanda au chambellan de regarder s'il était bien sur la liste. Le chambellan lui expliqua qu'il aurait dû recevoir, chez lui, une invitation et que ce n'était visiblement pas le cas. Le sorcier s'exclama :
« C'est un scandale, je suis un proche voisin du roi !
– Peut-être, mais vous n'êtes pas sur la liste…
– C'est ridicule, laissez moi entrer !
– Non ! Je ne peux pas !
– Je vais polluer l'eau de votre palais pour me venger ! répondit le sorcier, furieux.
– C'est cela, je vous crois ! » dit le chambellan d'un air moqueur.
Le chambellan se déplaça cependant pour prévenir le roi. Il cria :
« Mon roi ! Mon roi ! Un sorcier veut empoisonner l'eau du palais, cria le chambellan !
– Ha, ha, ha, pourquoi me dites-vous des choses comme ça ! s’amusa le roi. Les sorciers sont des magiciens sans pouvoir, ne vous inquiétez pas !
– Mais non c'est la vérité ! Vous verrez bien si l'eau du palais sera polluée demain, ce sera une catastrophe ! »

Le lendemain, après quelques heures de repos bien méritées, le fou entendit du bruit de son balcon et pencha la tête pour voir ce qui se passait. Tous les habitants du palais couraient dans tous les sens et criaient : « L'eau a été polluée avec de la poudre d'or ! » En effet, toute l'eau était jaune. Et tous les serviteurs, les courtisans essayaient d’attraper la poudre d'or qui était dans le puits. La situation était problématique : certains habitants étaient coincés dans le puits, pris de folie, d’autres tentaient de boire l’eau, mais ils furent aussitôt stoppés par des médecins qui craignaient des empoisonnements sévères. Le fou se rendit aussitôt chez le roi afin de connaître les mesures prises par le souverain pour résoudre ce délicat problème. Le roi était furieux, inquiet, mais déterminé à trouver une solution. Après une longue discussion avec son fou le plus sage, il décida de lancer un nouveau défi aux scientifiques de tout le royaume. Il s’agissait de savoir comment on pouvait transformer une eau usée en une eau pure. Sitôt dit, sitôt fait, dès le lendemain on pouvait voir dans tout le royaume et même au-delà d'immenses affiches annonçant l'enjeu du concours et la récompense promise, c’est-à-dire la récupération de tout l’or qui serait enlevé.

Ce fut alors un branle-bas de combat général, tous les plus grands géologues se mirent à chercher la solution pour que l’eau redevienne pure. Toutes les plus grandes machines défilaient les unes après les autres, mais aucune ne répondait à ce que le roi avait demandé. Un orpailleur, consulté pour l’occasion, proposa d’ajouter du mercure à l’eau pour récupérer l’or, comme certains de ses collègues. Horrifié à l’idée de polluer tout à fait son puits, le roi déclina la proposition. Et en attendant, les serviteurs devaient effectuer de longs trajets quotidiens pour aller chercher de l’eau potable à la source voisine.

Le fou cherchait de son côté une idée pour enlever toute la poudre d'or car il comprenait bien que cette eau, élément indispensable à la vie, devait être nettoyée au plus vite. Les plantes si chères à la princesse avaient elles aussi du mal à accepter d’être arrosées de ce métal, même précieux ! Quelque peu fatigué par les nuits à veiller le bébé royal, il partit dans la cuisine pour se préparer une de ces boissons à la mode, le « café » et tout à coup le fou trouva une idée en regardant le café mélangé à l’eau s’écouler à travers le filtre de papier.

Le fou se précipita dans sa chambre, prit plusieurs draps fins ainsi que de grandes bassines empruntées aux lingères du palais. Il installa bassines et draps près du puits et commença à verser des seaux d’eau sale sur les draps. Toute la poudre restait dans les draps tandis que l’eau traversait le tissu, redevenue claire et potable. L’opération prit un mois, mais le procédé se révéla efficace. Chaque soir, des serviteurs vidaient les draps et remettaient l’or dans un coffre fort. À la fin, soucieux de savoir la décision de son gendre, le roi le convoqua :
« Mon fou, comme d’habitude tu t’es révélé astucieux et tu es parvenu à filtrer toute cette eau. Mais dis-moi, que vas-tu faire de tout cet or ?
– Mon roi, cette richesse provient d’un méchant homme qui se joue des peurs de ses prochains et encourage la superstition, il ne faut pas la garder. Je souhaite donc que l’or soit distribué aux gens les plus pauvres de votre royaume, afin que des puits et des pompes soient installés pour qu’ils aient un accès facile à l’eau.
– Je reconnais bien là ta sagesse. Et bien, qu’il en soit ici ! »

Et c’est ainsi que Le fou et la princesse vécurent heureux et eurent de nombreux petits savants.