Mention "Humour" du concours de fou !
Conte des élèves de la classe de 6ème du collège Jacqueline de Romilly de Magny le Hongre.
Trois ans plus tard, le roi tomba gravement malade. Il restait toujours dans sa chambre, allongé dans son lit. Même le fou n’arrivait plus à le divertir, tellement sa tristesse l’envahissait. La princesse, alors que son ventre s’arrondissait parce qu’elle attendait un heureux événement, ne savait plus quoi faire pour aider son père. Alors le fou eut une idée et alla voir le monarque. Il lui annonça :
« Seigneur, c’est vrai, vous êtes le plus grand savant de ce royaume, ainsi que de tous les royaumes que porte cette terre. Vous connaissez les secrets de l’énergie, de la matière et de l’espace. Mais vous ne pouvez maîtriser la manière de vous guérir ! »
Le roi réfléchit un instant, les sourcils froncés, puis sourit. Il dut avouer que le fou avait raison. Il décida alors d’organiser un grand concours.
Sitôt dit, sitôt fait. Dès le lendemain on pouvait voir dans tout le royaume, et même au-delà, d’immenses affiches annonçant l’enjeu du concours. L’épreuve consistait à trouver un remède pour sauver le roi. La récompense promise n’était rien de moins que le royaume entier, car, même s’il guérissait, le monarque désirait descendre du trône. Il préférait profiter du reste de sa vie pour s’occuper de lui, se reposer et apprendre à danser le cha-cha-cha !
Ce fut alors le branle-bas de combat ! Les plus grands savants du monde se mirent à réfléchir, réfléchir…
Quelques jours après, plusieurs savants se regroupèrent pour présenter leurs idées au roi. Un groupe de scientifiques proposa son remède, qui était un sirop fait à base de plantes. Ils avaient mélangé des orties, du foin et des racines de nénuphar, espérant obtenir un résultat immédiat. Ils essayèrent ce sirop sur un goûteur, mais en quelques secondes des poils lui poussèrent sur le menton. Ses pectoraux prirent de plus en plus de volume et enflèrent jusqu’à devenir une véritable poitrine. Enfin, sa partie intime disparut pour devenir celle d’une femme ! Il s’était transformé en femme à barbe !
Le roi renvoya donc ces savants.
Un autre scientifique se présenta devant le monarque. Il emmenait avec lui un costume étonnant, constitué intégralement de panneaux solaires. Cet attirail devait permettre de transmettre l’énergie solaire au roi, c’est-à-dire de transformer la lumière en monarque ! Comme pour le groupe de savants précédent, le roi demanda au goûteur (pardon, à la femme à barbe !) d’essayer le costume pour s’assurer qu’il ne présentait pas de danger pour son auguste personne. Il mit ensuite l’infortuné face à l’astre du jour et… malheureusement cette invention, elle aussi, échoua, car au bout de quelques instants, la femme à barbe commençait déjà à sentir le roussi !
Voyant que le roi se décourageait, le fou et la princesse réfléchirent plus intensément encore.
La jeune fille se désespérait. Pour ne plus penser à la mort prochaine de son père, elle préparait sans relâche la chambre du bébé à venir. Elle se lamentait :
« Mon père a toujours voulu avoir des petits-enfants… à cause de sa maladie, je ne pourrai pas lui offrir ce privilège. »
Le fou, sur ces mots, s’exclama :
« La solution est là ! À la venue de notre fils, ton père vivra pour toujours dans les gènes et dans l’esprit de son petit fils ! »
Le fou et la princesse présentèrent leur théorie au roi. Ce dernier réfléchit toute la nuit à cette solution et au petit matin, il accepta sa destinée.
Quelques jours plus tard, la princesse mit au monde un magnifique garçon.
Au même instant, le roi passait de vie à trépas.
Et la vie commença là où la vie s’était arrêtée.