Texte du concours de fou !

Contes des élèves de la classe de 6ème du collège Albert Thierry Elsa de Limay

L'espoir à pleins poumons !

  Mille ans plus tard, la Terre est devenue un désert. Les voleurs et les bandits sont maintenant les véritables rois. Cependant, les descendants de notre famille royale sont toujours présents : le roi tente tant bien que mal de régner sur ce chaos. Quant à sa fille, elle est fiancée au fou, comme le veut maintenant la tradition depuis un millénaire, c'est-à-dire depuis l’époque de leurs illustres ancêtres. Tous les trois se désolent de ce que leur planète est devenue : l’atmosphère est irrespirable tant l'air est pollué, les végétaux fanent et les animaux meurent car les plantes — leur principale source d’alimentation — se font de plus en plus rares. Presque privés de nourriture et d’oxygène, les humains, à leur tour, périssent dans d’atroces souffrances : même l’eau s’est raréfiée car les fleuves, les rivières, les puits et les lacs sont asséchés.

            Seul le royaume de nos trois protagonistes est encore un peu préservé. La princesse, affolée par ce qui se passe ailleurs dans le monde, va voir son cher père, le roi, et lui explique la situation : « Oh ! Mon père, c’est une catastrophe, c’est un désastre ! » Le roi répond gravement : « Je vais faire placarder des affiches partout dans le royaume. Je promets une récompense magnifique à celui qui trouvera le moyen de rendre à nouveau l’air respirable et de ramener la vie sur cette Terre. Il y a urgence ! » Le fou, qui est, rappelons-le, destiné à la princesse, ne compte pas laisser à ses concurrents l’occasion de remporter le défi et de gagner la récompense (des milliers d’étoffes de soie et un immense domaine). En effet, il veut l’offrir à sa future épouse en gage de son amour et pour lui prouver sa valeur en tant que scientifique.

            Le vaillant bouffon se met alors à réfléchir, rentre chez lui et trouve une idée : fabriquer une machine à oxygène, pour faire revivre la planète et rétablir la paix et la sécurité. Il tente plusieurs expériences, sans succès, quand soudain lui vient celle-ci : il remplit d’eau tiède un bassin de plastique et dépose une plante grimpante, rescapée du désastre, à côté. Puis il remplit un verre qu’il renverse dans l’eau du bassin sans qu’il se vide et sans laisser apparaître de bulle d‘air. Il glisse le bout de la plante grimpante dans le verre en prenant soin de ne pas y faire pénétrer d’air. Il laisse ensuite le bocal à la lumière et s’en retourne auprès du roi et de la princesse. Plusieurs grands scientifiques sont déjà au palais pour exposer au roi leurs théories. En retrait, le fou écoute le récit des expériences de ses concurrents, puis demande congé.

            De retour chez lui, il découvre qu’une bulle de gaz a fait son apparition dans le verre. « Euréka ! », s'exclame-t-il alors. Exposée à la lumière, la plante a transformé le gaz carbonique de l’air en un sucre. Cette réaction a produit un autre gaz, de l'oxygène qui a formé une bulle dans le verre ! Pour vérifier qu'il s'agit bien de ce gaz vital, le fou se rappela alors un soir par une belle nuit étoilée où sa tendre aimée lui avait raconté que toute flamme a besoin d'oxygène pour brûler. Se félicitant de l'intelligence de sa future femme, il introduit non sans crainte une allumette sous le verre et celle-ci reste allumée comme attendu, produisant même une petite détonation !

 

          Sans le savoir, le fou a découvert avec sa machine la photosynthèse : le jour, les plantes absorbent l’eau par leurs racines et le gaz carbonique par leur feuillage. En utilisant la lumière comme source d’énergie, elles fabriquent de la matière organique avec l’eau et le gaz carbonique. Quelques jours plus tard, la plante fabrique de nouvelles feuilles, de nouvelles racines. Il est temps de montrer sa machine au Roi.

            Le vénérable souverain écoute avec attention le récit du fou. Il comprend rapidement que planter des milliers d’hectares de forêts est le seul moyen de rendre à nouveau l’air respirable. Il leur reste bien quelques sacs de graines, mais il demeure un problème de taille : trouver de l’eau en grande quantité… Le Fou cherche alors dans tous les livres du Roi pour localiser toutes les sources du royaume. Peut-être ne sont-elles pas toutes asséchées ? Dans un vieux grimoire, il trouve enfin quelque chose. Une inscription : « À la fin du monde, apparaîtra une source dans le palais du plus grand des royaumes ». Le Fou, qui ne comprend alors pas ce message, décide de consulter le mage du roi, pour lui demander où se trouve « Le plus grand des royaumes ». D’une voix presque éteinte, le mage lui répond : « C’est ici ». Le fou, tout excité par cette nouvelle, va demander au roi de faire appeler Galdon, un vieux sourcier solitaire. Galdon arrive avec son bâton. Il trouve la source, qui se situe tout simplement sous la salle du trône ! Les ouvriers doivent toutefois creuser à des centaines de pieds avant de trouver la première goutte d’eau. Cette découverte est accueillie par des cris de joie : la découverte du fou va permettre de produire de l’oxygène et, petit à petit, la vie reviendra sur l’ensemble de la Terre.

             Des années plus tard, lorsque le fou épouse la princesse, la fête se déroule dans un beau jardin, la nature a commencé à reprendre ses droits !