Texte du concours de fou !

Contes des élèves de la classe de 5ème du collège Albert Thierry Elsa de Limay

Un Sahara d’amour, d’eau et de fleurs

     Il était une fois… Eh oui, le fou, fou d’amour pour la princesse, fille du roi et plus belle que le soleil à midi et tous les arcs-en-ciel du monde réunis, avait épousé sa bien-aimée. Ils décidèrent de passer leur lune de miel dans un désert, le Sahara. Accompagnés de leurs fidèles gardes, ils arrivèrent dans un village désolé qui n’avait ni eau ni plantes. La princesse, fatiguée, demanda quand même à boire mais on lui répondit tristement qu’il n’y avait point d’eau à cause de la sécheresse. La jeune femme, attristée, déshydratée et amoureuse, voulut que le fou lui prouve son amour et lui demanda de faire venir l’eau dans ce village. Le fou, ne voulant décevoir la princesse, accepta et il lança le grand défi de faire pleuvoir sur ce coin oublié de l’EAU ! Et le lendemain, quelques hommes se présentèrent…

« Je vais faire pleurer de rire le soleil et il pleuvra, déclara l’un d’eux.
Et les blagues défilèrent mais en vain.
– Je vais faire pleurer d’émotion le soleil et il pleuvra, assura l’un d’eux.
Et les émotions défilèrent mais en vain.
– Je vais faire pleurer de peur le soleil et il pleuvra, affirma l’un d’eux.
Et les récits terrifiants défilèrent mais en vain.
– Je vais faire transpirer le soleil et il pleuvra, annonça l’un d’eux, armé d’un radiateur. Mais en vain : un soleil ça ne transpire pas !
Un dernier se présenta avec un petit bidon d’eau.
– Et alors ??? cria-t-on de toutes parts. Un bidon !!!
Que faire ? C’est alors qu’un tout petit enfant arriva et demanda au fou :
– Ci pas normal qui quand ze marsse sur li sable ze riçois des coups di zus. Pourquoi ?
– Montre-moi ça, petit », répondit le fou.

          Effectivement, le sol du village et des alentours était truffé de cristaux qui, contenant des cellules piézoélectriques, produisaient du courant à chaque pression, par déplacement d’électrons. Le fou fit appel à un ami, physicien très connu, nommé Sadak. Le physicien arriva quelques jours plus tard, vêtu d’une djellaba Damart car il était très frileux, chaussé de sandales, chauve et muni de curieux instruments. Il examina les cristaux, s’assit, réfléchit et avant que la nuit tombe, il comprit tout. Alors le fou lui laissa la parole et Sadak s’adressa aux villageois :         
- Ramassons ces cristaux, mettons-les sous le sable de cette piste très fréquentée par les caravanes de chameaux. Les millions de pressions produiront de l’électricité que nous stockerons dans une puissante batterie, laquelle alimentera d’immenses plaques d’aluminium qui, grâce au fameux « effet Peltier » consistant, je vous le rappelle, en un déplacement de chaleur en présence d’un courant électrique, auront ainsi un côté chaud et surtout : un côté froid ! Vous me suivez ? L’humidité de l’air, si infime soit-elle, au contact du froid, se transformera, grâce au phénomène de la condensation qui permet à la matière de changer et de passer d’un état dilué, gaz, à un état condensé, liquide dans notre cas, se transformera, je le répète, en milliards de gouttelettes, donc en eau mes amis ! Ensuite nous récupérerons cette eau dans de grands bacs qui iront rejoindre un immense trou que l’on aura creusé, et un lac se formera lentement mais sûrement.

          Ce qui fut dit fut fait. Trois équipes furent constituées, lac creusé, pelles magiques, cristaux ramassés et placés sur la piste, électricité stockée, plaques refroidies…
La princesse comprit davantage l’amour que lui portait le fou et, pleine de joie, décida d’offrir aux villageois un cadeau sans égal : un merveilleux jardin de fleurs tropicales dans lequel volaient en harmonie papillons transparents et oiseaux multicolores. Et c’est ainsi que le village eut de l’eau, grâce à l’amour du fou et de la princesse, à la magie des sciences physiques et à l’aide précieuse du non moins précieux physicien nommé Sadak dont l’histoire est une autre histoire qui ne s’achève pas là.