Textes du concours de fou !
Contes des élèves de la classe de 6ème du collège Le Village d'Evry
Texte 1
Le temps passa, la renommée du fou était devenue légendaire et arriva aux oreilles d’un savant étranger. Celui-ci, outragé qu’un simple serviteur soit si instruit, se hâta au château pour lui proposer un défi. Il vit le fou dans le jardin royal.
« Je m’appelle Archibald. J’ai ouï dire que vous étiez doté d’une intelligence sans limite que je voudrais vérifier. Laissez-moi donc vous poser un défi. Seriez-vous capable de réaliser l’impossible et d’introduire dans cette petite fiole l’infiniment grand ? Si vous échouez votre princesse sera à moi et si vous refusez je dirai que la princesse est mariée à un idiot ! »
À ce moment Archibald lui tendit une petite fiole en verre. Le fou avait les yeux arrondis comme des grenades. Il se surprit à accepter. Le savant partit et pendant que le roi s’angoissa à l’idée de perdre sa fille, le fou commença à se désoler dans son coin :
« Ah ! Que ne suis-je savant ! J’aurais peut-être pu proposer une solution. »
Il ruminait ainsi ses noires pensées lorsqu’il entendit un homme hurler de colère sur son chien. Il eut une illumination. Si je crie très fort dans la petite fiole, le cri, qui peut être grand, sera enfermé dans la petite bouteille. Il alla chercher la fiole et cria dedans. Quand il retira sa main du goulot, aucun son n’en sortit.
Il monta dans sa chambre pour réfléchir. La peur de perdre sa princesse ou de la ridiculiser l’envahit. Il se mit en colère parce qu’il s’était laissé provoquer par cet inconnu, et explosa soudain de rage. Il devint tout rouge. D’un geste brusque, il renversa les fioles de parfum de la princesse, puis il brisa les meubles en bois et les miroirs, arrachant ensuite dans un excès de folie furieuse les tentures. Il retourna au jardin royal pour prendre l’air. L’idée lui vint quand il vit sa femme dans la serre qui préparait le kéfir. Il se servirait d’une explosion pour symboliser la colère.
Pendant des semaines il s’enferma dans une pièce demandant que l’on lui rapporte des ingrédients. Un jour il fit appeler la princesse et lui demanda du kéfir, du citron et une figue bien mûre. La princesse, ravie de pouvoir aider son mari, revint dans la pièce avec un grand sachet de kéfir et le reste des ingrédients. Le fou dit :
« Merci ma chère, je sens que je vais réussir cette fois ! »
Le fou travailla jour et nuit jusqu’à ce que… Le roi se réveilla en sursaut et empli de joie car le fou criait :
« Mon roi ! J’ai réussi le défi ! J’ai réussi le défi, mais j’ai oublié la recette.
– Que fais-tu là alors ? Retrouve-la au plus vite ! » dit le roi.
Le fou se remit au travail sans relâche. Il mit des grains de ces champignons orientaux dans la toute petite, petite fiole du savant. Il la remplit d’eau, ajouta la figue pour le sucre ainsi que de la poudre de tandoori pour rendre cette boisson rouge. Il ferma bien l’ouverture de façon hermétique. Il laissa reposer le mélange pendant six jours et la boisson fermenta, jusqu’à ce fameux jour…
« J’ai fini ! »
Le roi arriva dans la chambre où le fou s’était enfermé et s’écria :
« Je savais que tu y arriverais ! »
Le fou, tout heureux, alla trouver le savant. Il lui dit :
« Ouvrez la fiole et vous verrez l’infiniment grand en sortir !!! »
Le savant ne put s’empêcher de rire pour se moquer du fou.
« Ha ! Ha ! Ha ! Cesse de te prendre pour un savant !
– Ouvrez ! » répéta le fou.
Mais quand le savant ouvrit la fiole, le mélange monta, monta, monta à toute vitesse et il lui explosa au visage. Le savant fâché d’être taché devint rouge et il sentit en lui monter la colère qui telle cette boisson, pouvait devenir infiniment grande. Archibald s’inclina et dit :
« Très bien je le reconnais vous êtes très fort ! Je vous laisse tranquilles vous et votre épouse. »
Le fou le remercia et d’une bonne poignée de main ils se séparèrent. Archibald repartit vers son royaume lointain. Il se demanda s’il reverrait un jour cet homme étonnant.
Qu’advint-il du fou et de sa princesse ? Nul ne le sait. L’histoire que l’on rapporte se termine là, le nez dans les étoiles et le bonheur à portée de main…
Texte 2
Un voyageur étranger, attiré par la beauté légendaire de la princesse, se hâta au château pour la rencontrer. Il désirait avec une impatience infinie la voir. Il croisa une femme mystérieuse avec un voile blanc en soie fine qui se promenait à dos de chameau dans une allée du palais. Il plongea dans son regard arc-en-ciel comme s'il tombait dans un nuage de paradis. Il sut que c’était elle.
« Tout ce que l’on dit de vous est donc vrai ! Vos yeux sont magnifiques ! Je viens de loin pour vous admirer… Je me demandais si vous voudriez vous installer dans mon pays ?
– Désolé c’est ma femme, et pour rien au monde elle ne me quittera ! » rétorqua le fou qui avait tout entendu.
Le voyageur attristé répondit :
« Il n'y a pas de problème mais j'aimerais juste avoir toujours près de moi son regard arc-en-ciel et c'est le défi que je vous lance ! »
Le fou accepta le défi. Toute une nuit, il resta éveillé. Il soupirait :
« Ah ! Que ne suis-je savant ! J’aurais pu aisément trouver une réponse au problème. »
Il réfléchit en regardant le ciel étoilé. Il pensa aux yeux de sa femme qui brillent de toutes les couleurs. En un seul instant il venait de trouver une solution. Il décida d'aller chercher de l'aide auprès du sorcier. Il lui demanda s'il pouvait lui apprendre à faire des flammes de toutes les couleurs. Le sorcier répondit :
« Si tu me ramènes tous les ingrédients je t'apprendrai le secret des flammes colorées. Il te faudra une noix de brésil, un bout de roche, une amande de l'amandier, un thon à nageoire jaune qui vit dans la mer lointaine au-delà des collines, de l'eau que tu devras faire chauffer avec le soleil pour en extraire le sel, et une poudre que je te donnerai. »
Le fou fronça les sourcils. Il ne trouverait jamais dans son royaume les ingrédients demandés et ne pourrait comparer les flammes colorées au regard de la princesse.
Toute une nuit il resta éveillé. Il se répétait :
« Ah ! Que ne suis-je savant ! J’aurais pu trouver une réponse au problème ! »
Au matin, il était toujours éveillé. Il observait sa femme dans la serre, il ruminait ses noires pensées.
La princesse qui avait un peu chaud lui demanda d'ouvrir légèrement la porte de la serre. En l'ouvrant il vit juste dans l’angle de la porte la lumière du soleil devenir rouge, orange, jaune, verte, bleue, indigo, violette. Il se dit :
« Quand la lumière passe de l'air au verre, elle est réfractée, le rayon de la lumière blanche est séparé en plusieurs composants. Ceci crée un arc-en-ciel… »
Il crut même voir le regard de sa femme. Il resta fasciné. Il venait de trouver la solution. Il fallait maintenant trouver quelque chose que le voyageur pourrait emporter.
Il essaya de créer un petit objet en verre qui aurait la même propriété que l’angle de la serre. En vain. Il essaya encore et encore jusqu'à obtenir un prisme. L'objet tenait dans le creux de sa main.
« Voilà un objet facilement transportable, que le voyageur pourra garder près de lui », dit-il.
Il courut le montrer au grand voyageur étranger.
« Ce petit objet de verre peut diffracter la lumière et la séparer en plusieurs composants. »
Le fou brandit le prisme et un arc-en-ciel se créa. Le voyageur reconnut qu'il avait gagné, car il avait reconnu la luminosité du regard de la princesse. Il repartit donc, heureux, le prisme à la main.