Mention "Coup de coeur" du concours de fou !

Conte des élèves de la classe de 5ème du collège Jean Moulin d'Aubervilliers

Plusieurs mois ont passé depuis le dernier défi, le fou et la princesse vivaient paisiblement dans le royaume, toujours gouverné par le roi quand celui-ci tomba malade. Les plus grands médecins se relayèrent à son chevet pour tenter de le soigner, mais le diagnostic n’était guère bon : le roi était mourant ! Son salut ne dépendait plus que d’une fleur rarissime.

La princesse horrifiée à l’idée de perdre son père fit quérir l’herboriste du château qui détenait des secrets sur les vertus des plantes. Celui-ci était affairé à rempoter des roses dont la variété était baptisée « princesse ». Ces roses étaient issues du rosier qui avait permis au fou de remporter son premier défi. L’herboriste arriva dans la chambre où était alité le roi.

« Madame, vous m’avez fait quérir.
– Herboriste, les médecins m’ont parlé d’une fleur qui permettrait à mon père de guérir, elle s’appelle fleur de caktuzaria, en possèdes-tu ?
–  Madame, je n’en possède pas. Cette plante pousse dans le désert au-delà des frontières du grand orient !
Voyant la princesse démunie à l’écoute de la nouvelle, le fou s’écria :
– Qu’il en soit ainsi, nous allons partir à la recherche de cette fleur ! Sitôt dit, sitôt fait. La princesse et le fou prirent la route en direction du désert. Après deux jours de route, le fou et la princesse arrivèrent enfin dans le désert et marchèrent en vain à la recherche de cette plante jusqu’à la tombée de la nuit. La nuit étoilée qui les enveloppa leur rappela l’un des plus beaux défis qu’avait relevés le fou mais cette fois-ci, il n’y avait aucun artifice ! Toutes les étoiles que possède l’univers étaient là sous leurs yeux. Le lendemain matin, au réveil, quelle ne fut pas leur surprise quand ils se retrouvèrent encerclés par des indigènes.
«  Que faites-vous ici ?
La princesse leur répondit :
–  Nous venons du royaume du lointain orient dont je suis la princesse et voici mon mari. Nous sommes venus chercher une fleur dans le désert pour guérir mon père. Pouvez-vous nous aider ?
– Nous allons vous conduire au doyen du village, lui seul décidera de votre sort. Très vite, la princesse et le fou se retrouvèrent devant le doyen du village assis sur son trône.
– Mais que me vaut cette visite ? La princesse du royaume du lointain orient en personne !
– Doyen, répliqua la princesse, mon père est mourant et nous sommes venus dans le désert pour trouver une fleur de caktuzaria pour le sauver.
Le doyen réfléchit.
– Je possède des fleurs de caktuzaria, mais il est dans notre tradition de réaliser un défi pour l’obtenir. Je vous propose donc de euh… disons, pourquoi ne pas transformer le sable de ce désert en eau ? La princesse bien au fait des concepts physiques se mordit la lèvre de rage. Quel alchimiste aurait pu réaliser un tel prodige ! Impossible ! Le fou, inquiet mais plein d’espoir, décida de relever le défi. Aussitôt, le doyen décréta l’ouverture du défi à toute personne intéressée. Tous les grands scientifiques et aventuriers des alentours étaient présents et élaboraient des stratégies pour gagner le défi. Un participant creusa dans le sable pour trouver de l’eau. Il creusa pendant des heures sans succès. Certains disent qu’il creuse encore… Un autre, artisan verrier, fit fondre du sable. Le résultat était magnifique, mais il n’y avait pas assez de bois pour faire fondre toute l’étendue. Le doyen se lassa… Ces subterfuges ne l’impressionnaient guère. Le fou observait les différents concurrents quand une idée lui traversa l’esprit ! Pourquoi ne pas utiliser le phénomène du mirage chaud pour faire illusion que le sable se transforme en eau. Il se dirigea vers le doyen :
« Doyen je vous donne rendez-vous demain midi sur la plus haute dune du village face à la plaine désertique ! Je vous montrerai comment changer le sable en eau.
– Qu’il en soit ainsi », dit le doyen.
Le lendemain à midi, le doyen vint sur la colline, le fou était présent sur une grande estrade avec un rideau masquant l’horizon. Il le fit asseoir et ouvrit le rideau. Le sable chauffé par le soleil créait un gradient de température, ce qui fit varier l’indice de réfraction de l'air en fonction de sa distance au sol. L'œil du doyen reçut alors la couleur du ciel par un rayon lumineux s'étant rapproché du sol avant de se courber. Il avait l’impression de voir une étendue d’eau lointaine à la place du désert.
– Quel prodige ! Votre ingéniosité est à la hauteur de vos connaissances des secrets de l’optique ! Je vous déclare vainqueur de ce défi.

La princesse et le fou remercièrent le doyen, prirent la fleur et partirent rapidement car le temps était compté. Dès leur arrivée, ils se dirigèrent au chevet du roi pour prendre des nouvelles. Les médecins récupérèrent la fleur et préparèrent le remède. Le roi se remit peu à peu, puis la vie reprit son cours, entre défis scientifiques, fêtes et l’amour réciproque qui unissait à jamais la princesse et son fou de sciences.