Mention "Inventivité scientifique" du concours de fou !

Conte des élèves de la classe de 5ème du La Fontaine d'Antony

Le temps s’écoulait paisiblement dans le royaume et chaque jour était heureux pour le fou et la princesse, qui vivaient toujours auprès du roi.
Hélas, un royaume voisin leur déclara la guerre.
Le monarque, qui ne voulait pas engager son pays dans un conflit meurtrier, obtint de rencontrer le roi ennemi et lui suggéra une méthode moins belliqueuse :
« Nos pays sont puissants mais ne sont pas en mesure de produire une énergie sans cesse renouvelable qui ne consommerait pas de carburant fossile ou végétal. Voici donc l’épreuve que je vous propose : celui qui réussira à faire cuire cent grammes de riz avec une énergie naturelle et sans flamme remportera les terres de l’autre. »
Le roi réfléchit un instant et acquiesça.
Sitôt dit sitôt fait. Dès le lendemain, on pouvait voir dans les deux royaumes, et même au-delà, d’immenses affiches annonçant l’enjeu du concours et la récompense promise.
Ce fut alors un branle-bas de combat général. Tous les plus grands mathématiciens, physiciens, chimistes et écologues se mirent à élaborer des plans et des stratégies. On travaillait sur l’isolation des matériaux, sur la chaleur maximale sous terre…
On vit défiler ainsi toute sorte de solutions plus ingénieuses les unes que les autres. On proposa de creuser un trou très profond au fond duquel on placerait l’eau et le riz, mais il aurait fallu creuser à une telle profondeur pour atteindre une température suffisante que cela parut vite impossible.
L’idée d’utiliser la chaleur naturelle d’un volcan était séduisante, mais il n’y en avait pas dans le royaume et l’expérience devait être réalisée sur place. La solution d’étendre en plein soleil du feutre noir maintenu humide et sur lequel serait répandu le riz avait été testée mais ne produisait pas une chaleur suffisante. Les idées les plus farfelues apparurent aussi, comme celle de placer un récipient en bronze à fond très épais contenant le riz et l’eau et dont le fond aurait été en contact avec une immense roue de bois recouverte de feutre et mue par une énergie humaine ou animale, le frottement du fond du récipient sur le feutre provoquant un échauffement de l’eau.
Le fou et sa jeune épouse suivaient de près toutes ces expériences. Ils avaient beau réfléchir, ils ne parvenaient pas à trouver de solution satisfaisante pour remporter ce concours. Non qu’ils voulussent accéder au trône, mais parce qu’ils pourraient ainsi sauver le royaume et, il faut l’avouer, parce qu’ils avaient pris goût à ces défis…
Alors qu’ils réfléchissaient à cela, la princesse se servit un verre d’eau et s’écria : « Pouah ! Cette eau est chaude ! ».
Le fou analysant brièvement la situation entrevit une solution. La carafe était placée derrière la vitre de leur chambre, en plein soleil, et ses rayons ardents se réfléchissaient dans le miroir. C’est le soleil qui avait ainsi chauffé l’eau. En captant et en concentrant cette chaleur dans un petit espace bien isolé, ils parviendraient sûrement à une température suffisante. Un four solaire ! C’était cela la solution.
Ils avaient besoin pour le construire d’une boîte en liège, matériau isolant, de miroirs, d’un bol en aluminium assez profond muni d’un couvercle et d’une vitre.
Pour que la cuisson s’effectue au mieux il fallait placer quatre miroirs inclinés opposés deux à deux dans la boîte en liège, maintenir sur ceux-là le bol en aluminium fermé par un couvercle dans lequel se trouveraient le riz et l’eau, recouvrir la boîte en liège d’une vitre et orienter ce dispositif vers le soleil jusqu’à une cuisson complète des grains de riz.
Le fou et la princesse fabriquèrent leur four solaire et constatèrent avec joie que cela fonctionnait. Ils présentèrent au roi leur invention. Celui-ci réfléchit un instant, puis il sourit de son large et bon sourire de monarque bienveillant.
Tous trois se rendirent auprès du roi adverse et lui montrèrent leur invention. Le souverain, qui était de bonne foi, reconnut sa défaite et laissa sa couronne au roi vainqueur.